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Gualapuro

Un film de Yannick Chaumeil et Anaïs Beddeleem

Distribution L’Arrache-Temps

Durée 69’

Récompenses   

– Prix Coup de Cœur du Jury, Festival Curieux Voyageurs 2018 de Saint-Étienne

– Sélectionné au Festival Aux écrans du Réel 2017 au Mans

– Sélectionné au Grand Bivouac 2018 à Albertville

Synopsis :

Luis et Célestina Gualapuro sont paysans kichwas dans la région d’Otavalo, en Équateur. Ils cultivent le maïs et les haricots principalement, et travaillent la terre avec leurs deux vaches comme un siècle plus tôt. Au pays de Rafael Correa et du socialisme de la « révolution citoyenne », les petits paysans peinent à survivre. Les sécheresses sont de plus en plus fréquentes, et le manque de moyens et d’aides extérieures ne leur permettent pas de s’adapter aux changements climatiques.

En tant qu’indigènes analphabètes face à une société métisse qui modifie lentement ses comportements racistes hérités, ils restent à la marge du développement, dans une quasi autosuffisance communautaire, à la fois subie et revendiquée.

Entre grand-messe politique à Quito et messe évangéliste au village de Gualapuro, nous suivrons le quotidien laborieux de Luis et Celestina égratignant la terre, selon les mots de Pablo Neruda, et nous écouterons le récit douloureux d’une vie marquée par une féodalité méconnue et pourtant pas si éloignée, encore inscrite dans la chair de leurs corps.

Tourné de novembre 2015 à janvier 2016, ce film est né d’une rencontre assez ancienne avec le village de Gualapuro. En effet, Anaïs y met les pieds pour la première fois en 2005 à l’occasion d’un projet de solidarité internationale, et décide d’y retourner 10 ans plus tard accompagnée d’un réalisateur afin de mettre en images le fonctionnement de cette petite communauté paysanne indienne du nord de l’Équateur.

Le tournage s’étalera sur trois mois d’immersion, rythmés par le quotidien de Luis et Celestina, le couple qui va prendre tout de suite la place principale de ce récit. Au fil des mois, la confiance et l’amitié s’installent progressivement entre les réalisateurs et les protagonistes du film. La caméra se fait invisible.

L’enjeu climatique qui n’était pas l’objet du film au départ, s’impose pour devenir la problématique principale du film. En cause, la sécheresse au moment du tournage et son impact sur l’agriculture, qui a rendu centraux dans tous les entretiens avec les membres de la communauté et les organisations paysannes les thèmes de l’irrigation, de l’accès à l’eau et du changement climatique.